Recherche (bis)

Tout se brouille.
Je dois réflèchir. Je n'y parviens pas.
Il y a la mer qui se brise sur les vagues. Il y a les vagues dont les gerbes se dispersent en tout sens. Il y a ces gerbes qui s'abattent sur moi et me glace. Il y a ce froid, qui me mordille mais ne m'éveil. Il n'y a que le vent qui siffle entre les mats des voiliers, et emporte mes pensées avec lui vers les montagnes. C'est le propre flot de ma raison qui n'est plus qu'un sombre marécage ou se mêle les limbes et la lumière, lutant pour un pouvoir qui ne peut résider que sur l'entente, sans quoi il conduit à la folie.
Il va falloir choisir.
Je ne veux pas choisir. Et malheureuseument, personne ne peut s'élever à ma place et changer mes propres dessins.
J'aime la vie, c'est tout. Heureusement quelle existe, que la mort est la pour la mettre en valeur.
Je ne comprends pas. Qui suis je? Ou suis je? Encore.
Qu'ai je mal fait? Tout cela ne serait qu'un malheureux hasard?
Je n'écoute pas, ou je ne suis pas écouté? Peut être est ce les deux. Tout se brouille.
Un coup d'épée dans une brume que l'on souhaiterait disperser semble moins vains.
C'est un retour au déclin.
Il va falloir fuir ou luter.
Je ne comprends pas. J'ai la tête qui brule, les songes lourdes.
Trop de lâche. Je suis lâche.
Je ne comprends pas. Je deviens fou.
Je dors.
La décision est prise.
J'ai tourné en rond dans le froid et la nuit. Je me suis assis sur un banc face à la lune, et j'ai écouté avec patience le monde alentour. J'ai prêté un regard détaché aux astres que les nuages ne voulaient dévoiler. J'ai sentis la brise légère qui survole la mer et se charge de sel, me caresser l'échine.
Je cherchais dans toutes ces choses de la nature qui attiraient mes sens, les signes qu'envoie le destin pour vous mieux guider dans vos décisions. J'attendais le murmure des anges, la clameur des enfers, le brouhahaha de la terre des hommes, chacun évoquant un comportement à suivre.
Il n'y a rien eu de tout cela. Seul a persisté le vide incomblable de la solitude face à une décision importante. C'est un tournant. Un autre tournant. La mise à mort de quelques valeurs de plus, un nouveau pas dans le noire bain de la décadence. C'est une réaction qui fait la base de mon être, la modification subite, instantannée, et irrévocable, de ma vision entière de l'univers, et de ses composantes.
Ainsi devant moi se dressent six pillers gravés représentant trois groupes distincs, trois portes, qui se présente de la sorte:
Sur les premiers, une gargouille, les bras tendues, la langue pendante, faîtes d'or et d'argent. C'est la promesse des démons. Ils me garantissent un avenir, un toit, un labeur, beaucoup de bonheur. Ils me jurent une vie pleine d'aventure, de plaisir, de paresse, de violence et de honte qui n'en seront plus une fois cette porte ci traversé -car les mauvais actes du passé la bas on les louera. Il ne réclame que la fuite, la déchèance, pour donner tout ce que peut désirer un homme censé.
La seconde série de pillier est de marbre pur et éclatant, simple, quelques mots y sont gravés, ils évoquent de grandes idées qui font les héros et les braves. Tout n'y est que grandeur et bonté, on y déclame de beau discours, et la vie y est douce et simple. Il ne réclame qu'une autre vision, beaucoup de niaiserie et d'ignorance, un puritanisme sans limite, une perfection de tout les instants. Mais elle apporte elle aussi la joie, à sa manière.
Puis la dernière porte, n'est qu'un bout de bois avec une serrure de fer noire, une poignée simpliste et un peu rouillé. Il n'y a rien écrit sur celle ci. Les colonnes sont composés de plusieurs rondins d'une pierre poreuse et grise, entassés sans ciment ni mortier pour la maintenir. Tout y parait branlant, tiède, la limite de deux extrêmes. C'est la vie.

Ma main tremblante saisit la dernière poignée.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 14:52

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 17:28

Recherche

J'ai honte. Je deviens méchant. Tout ça, c'est parce que je faiblis. C'est parce que je suis incapable d'affronter mon passé, de contenir mes pulsions, ma rage et d'afficher mon être.
J'ai tout essayé, je préviens à l'avance :"gare, je suis cruel et méchant." Mais on ne m'écoute pas, on s'engoufre, on me fait espéré puis... On s'enfuit!
J'ai besoin d'aide. Mais je repousse, j'effraie. Alors je me retrouve prisonnier de mes propres dessins, car comment peut on être aider quand on tue avant même que les doigts qu'on vous tend ne vous ateigne?
Et plus je me maintiens dans cet état que je ne parviens à corriger, plus je me prostre dans cette violence, dans ce mal qui me ronge et que j'expie sur mon entourage, plus la situation empire.
Ma solitude que j'aime tant, devient alors un concon dans lequel se développe toute cette noirceur, ce poison, qui lentement remplace mon sang, se difuse en moi et s'expulse au moindre de mes gestes.
Je ne suis qu'un connard. Je n'apprends rien à personne. Je vais crever comme un connard. On a que ce qu'on mérite (décidement je me répète ces temps ci!). Plus vieux, je serais surement l'une de ces personnes qui durant son enterrement, n'a pour seul publique que le croquemort qui la met en terre. Enfin de toute façon je comptais plutôt sur l'incinération...
Le monde est injuste, parce qu'on a pas le droit d'entendre des "oui je comprends ta méchanceté, parce qu'avant tu as souffert". Puis les gens qui ont dit ça vous pardonne et continue à vous parler encore et encore. Et plus vous les repoussez, plus ils se débatent avec vous pour vous appuyez, parce qu'ils savent bien, qu'en repoussant, on cherche l'affection. Parce qu'au final, qu'est ce qu'on se dit après tout ça? Et ben que malgré qu'on lui ait mit sur la tronche ainsi, il a lutté encore et toujours... et qu'il est encore la, avec nous.
Non malheureusement, ça je suis le seul à le faire (et encore, super mal hein...). C'est surement parce que je suis un pleutre. Après tout, je suis un soumis, alors quand quelqu'un m'écrase, j'agis comme un soumit. Donc je reste et j'encaisse. C'est exactement ça. Je n'ai pas pardonné tous les outrages par noblesse, mais parce que je suis une grosse merde. Je n'ai pas retenu ma main parce que je conservais l'espoir de régler le problème par la parole et l'intelligence, mais parce que je craignais...
Le calcul peut donc durer longtemps, j'en arrive à cette conclusion finale. J'ai tout ce que je mérite. Alors, c'est pas plus mal, que je traine tout seul dans mon bois, et que j'y crève. Je ne mérite pas mon épée, mon passé,... Je devrais me jeter dans le repantir, celui qui tue, qui corrode l'âme pour qu'enfin je paie le prix fort. Les pieds nue dans la neige, le torse lacéré de flagelation.
Je ne suis qu'un "oportuniste".
Alors, toutes ces personnes à qui j'ai rendu service, et bien en faites, c'était par interet. Voilà, j'ai fais tout ça pour me racheter de toute la merde d'avant. Je suis un connard de luxe même... Quand j'aide une mamie et quelle me dit merci, je ne réclame rien; pas parce que je suis plein de bon égard et que je considère que ne faire ce qui est normal, non, c'est juste parce que je l'emmerde, et que je fais ça pour me donner bonne conscience: je me sers d'elle, tout simplement. Elle m'offre le chance de me dire "ouah je suis super", mais sans que je me prenne la tête à l'entendre.
Je suis complétement perdu. Ca dure depuis un moment. Je ne sais plus quoi dire, plus quoi faire. Je me sens seul, mais à ce niveau la, je ne le veux pas. Je contemple la lune, mais je ne trouve nul réponse, en aucun lieu. Je tente tout, mais il n'advient rien.
Qui suis je?
Que suis je?
Qu'ai je fais de ma vie?
Je crois que mon oeuvre, tout entière, n'est que le fruit de mon imaginaton. Je songe à une bien triste solution, à une fin bien sordide...
A l'aide? Oui. A l'aide.

# Posté le mardi 10 novembre 2009 17:46

Repantir

Ne pas songer.
Reprendre son souffle couper par ces élans de colère, vain.
Contempler le passé et se dire "j'ai déjà vécu ça, je n'en ai pas tant souffert"
Songer à l'avenir et se dire "Tout ira mieux avec le calme et la patience"
Profiter de cette journée de voyage, pour méditer, pour lire, s'adonner à des réflexions sur la pensée.
Se pardonner ces hontes, ces excès d'un soir. Pardonner aux autres.
Attendre, parce qu'après tout, cela n'est surement qu'une punition de toute cette lâcheté, de toute cette honte, de tous ce mal agir que l'on se traine.
Bien fait, on a toujours ce que l'on mérite.
Le destin est roi, c'est lui qui dispense la justice, on finit toujours par payer.

J'accepte.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 10 novembre 2009 05:06

Ma mélancolie

Ma mélancolie
Oui je m'endors en ce moment et alors?
Tout va bien. Ce n'est pas l'extase, mais y a pas à se plaindre. Il subsiste quelques journées chaudes, l'automne qui se profile semble très gris et pluvieux comme je l'aime. Le soleil offre une prestation fantastique en se dévoilant en des instants toujours adéquates. La pluie de son côté, vient toujours à tomber quand je suis à l'abri de ses traits froids, ce qui me déplait un peu.
Les cigarettes s'enchainent et ne se ressemblent pas, et les derniers ajouts musicaux de mon mp3 sont très agréable. Ils insufflent de belles émotions qui incitent le c½ur à s'enivrer de joie et de beaux sentiments.
Heureusement ce bordel angoissant cesse, la mélancolie reprend ses droits, et elle est d'autant plus savoureuse qu'elle m'a délaissée pendant tout une semaine.
La mélancolie est une vision de, et un façon de ressentir, la vie, qui est inégalable. Elle assiste le regard dans sa recherche de la beauté en élevant le plus simple des arbres à l'état de merveille- car ils le sont tous, la nature n'a pas manqué son ½uvre-, les astres sont aussi resplendissant qu'aux premiers jours, et la solitude devient une compagnie dont on ne sait plus se défaire, et qu'on espère dés que trop de gens nous entourent.
Je ne peux que plaindre qui vit dans un état de joie permanente, déjà car il se ment à lui même, et que je suis bien plus heureux dans ma mélancolie, que durant les plus hauts éclats de rire.
Et puis, c'est une compagne fidèle, qui vous suit dès vos jeunes heures, elle vous susurre dans la cours, alors que tout les enfants jouent: "regarde comme tout est triste! Assied toi et contemple le ciel grisé, n'est ce pas sublime?".
Je l'aime. Aussitôt que je m'aperçois quelle n'est plus la, je la regrette. Quand j'assiste à une fête, à une réception, elle gémit, elle s'inquiète que je ne l'oublie. Et je suis terrifié de m'en séparer, car je ne pourrais exister sans elle. Alors je me rue dans ses bras grand ouvert.
Pour rien au monde, je ne l'abandonnerais, elle est ma liberté, ma raison d'espérer, elle nourrit mes rêves, elle me caractérise, elle est ma force. C'est aussi mon charme, la distinction qui appuie ma sensibilité et l'épaule quand elle veut s'exprimer. Elle me symbolise à la perfection, c'est elle qui fait toute la différence, me rend incomparable au delà du simple phénomène d'unicité de l'humanité.
Elle fait ressentir au quintuple de ce que ressent le commun, les moments de joie. Elle les immortalise à jamais dans ma mémoire. Car en en faisant rareté, elle leur donne toute la valeur qu'ils méritent.
Alors qu'on vienne me dire de la repousser, de lui céder moins de place, que je puisse rire doucement dans ma barbe. Je pourrais m'arracher les bras et les yeux, j'en souffrirais moins.
Comment pourrais je me passer, de ces instants où j'erre dans le bois, dans la rue, dans la ville, et je savoure ce monde tout entier? Ou je prends la mesure de la grandeur des choses, ou je m'émerveille devant le plus simple des schémas de la nature, ou je ressens le besoin terrible de plier un genoux devant la lune?
Elle remplit mon âme d'un besoin sans limite de partage et de compassion. Sous son aile, la plus simple des feuilles tombant de son arbre, se meut en une subtile fée noire s'en retournant à la terre mère, me renvoyant inéluctablement à souhaiter un peu mieux pour tous ceux qui souffrent.
Il y a tant à dire! Que ne lui dois je, à elle qui anime tous ceux que je peux produire de bien à l'égard de mon prochain?
Que dire de cet outil qui rend l'amour si particulier? Que dire de cet instrument qui donne au quotidien, le romantisme qui oblitère la morosité? C'est elle, Elena au final.
Non, non, vous n'aurez pas ma mélancolie! Et mon épée vous le dit aussi!

# Posté le samedi 07 novembre 2009 20:09

Modifié le samedi 07 novembre 2009 20:30

Chant du golem

# Posté le samedi 10 octobre 2009 14:20

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 12:29

Suantrai

# Posté le lundi 21 septembre 2009 15:17

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 10:44

Les oubliés

Ré-édition .

A la mémoire de nos frères et s½urs , compagnons de nos douleurs , héros sans victoire , combattant qui n'ont jamais connu que les humiliations de la défaite , sans même être éprouvé dans les batailles .
A ceux à qui nous donnâmes de l'espoir , et que nous laissâmes derrière nous , sans honte , piégé de notre égoïsme .

Nous ne sommes pas des malchanceux . Aucunement fûmes nous inquiétés par les douleurs inhérentes aux affrontements ambitieux . Gorgé de courage et de fierté , chaque défaite nous amenait à vouloir nous battre encore et encore . Aussi nous consacrâmes nos espérances à nourrir leur croyance en un monde meilleur . Nous instaurâmes un ordre nouveau , hait , qu'importe , mais craint , la résidait l'essentiel . Nous vîmes tout , affrontâmes les pires choses que la mesquinerie eu pu engendrer , et jamais , même si nous paraissions défait , nous n'offrîmes une chance à nos opposants de réitérer leur méfait . Nourrit de la crainte de ces adversaires qui ne reculent pas , même sous les coups qu'ils ne parvenaient à rendre , face à ces bêtes qui après plusieurs attaques se retournaient avec patience , et sans sembler souffrir le moins du monde des frappes portées , tout ceux qui nous firent front , s'inclinèrent et jamais n'en redemandèrent . Aussi , nos pas résonnant amenaient ils le silence le plus inquiet , et bien souvent , ceux qui , parfois traversaient par l'idée de s'élever en maître , effaçaient avec brutalité celle ci de leur tête , comme l'on se surprend à avoir de mauvaises pensées à l'égard d'un être que l'on chérit . Ici , sa propre vie . Alors , les opprimés , ceux qu'on ennuyait , purent s'intégrer et mener une existence simple , car nous radiâmes la croyance qu'ils étaient juste à bon à officier en tant que simple bouc-émissaire dévoué aux pulsions du collectif .
La décadence arrivant , nous nous écrasâmes , tel cet enfant de l'antiquité qui brûla ces ailes en désobéissant à son père . Un nouvel ordre survint alors , et nous fûmes définitivement éradiquer . Ceux que nous chérissions , et qui nous chérissaient , nous leur protecteur , se retrouvèrent de nouveau seul , et leur sang , malheureusement , coula . Ils goutèrent derechef à l'amer douleur que vous inflige les barbares soiffards de violence gratuite , et seules nos pleures parvinrent à apaiser nos c½urs qui tremblaient de rage face à notre impuissance . Jamais moi même ne me détesta autant .
Cependant , nous apprîmes que notre ½uvre ne cessa pas aussi subitement que n'importe quelle Empire s'ébranle lorsqu'on en capture la capitale . Nous donnâmes une leçon sans pareil à beaucoup , et nous fûmes les inspirateurs d'une vision nouvelle qui insuffla une partie des masses , qui bien que peut glorieuse car simple phénomène d'identification au dominant par le dominé , purent s'épanouir nos défendus chéris , et vécurent en paix . Les autres , les bourreaux d'hier , prirent part aux côtés des justes , et le monde changea , un peu .

Nous avons foi . Je pense à vous mes oubliés . Beaucoup nous juges , mais certain , les rares parmi les rares , ont su reconnaître en nous , la simple expression d'un besoin absolu de rendre justice . Puissent-t-ils avancés toujours sans jamais faiblir , comme nous le souhaitâmes du temps de notre union .

Au passé !
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 16 septembre 2009 19:53

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 10:44

Comme un rêve

Parfois , quand il fait froid , que la pluie battante repousse les gens , et que le bois n'est qu'à moi , la musique résonne . Et tout est plus beau . Tellement plus beau . La froideur , pénètre dans ma chair et en extirpe mon âme , la pousse à explorer ce monde différent que le temps change entièrement . Je me sens comme vacillant , mais son souffle chaud réchauffe mon c½ur . Je ne suis pas seul , je ne suis jamais seul . Mon dada est la , avec moi , il me contemple inquiet , défait lui aussi , et m'intime de m'allonger , de souffler . Alors je m'agenouille , dans la boue ou l'humus , j'y enfonce mes mains , je m'étends sur mon dos , en plein milieu d'un chemin , et je ferme les yeux et s'effacent les murs .
Ils se jettent sur moi . Mes souvenirs , mon passé , ma grandeur . Ils jaillissent à l'orée de ma pensée , comme des petites bulles qui remontent à la surface d'un lac endormit . Ces fluctuations pétillantes , sont comme des portes ouvertes qui se recomposent et s'ouvrent sur des joies , mon petit quota de joie . Les vastes prairies séchées par le soleil , mes chats , mes amours , ma mère , mes frères , ma vie avant , avant tout ça , avant le début de cette ½uvre que je ne pourrais jamais concrétisée . La belle époque de mon existence , tout comme l'a connu la France un peu avant la première grande guerre .
Puis les arbres murmurent , bruissent , sous la rumeur du vent , s'élèvent comme un chant psalmodier , et se taisent . Leur silence amène de triste cauchemar . Je me retrouve derrière les portes de Znellia . Immobile , anxieux , car mes songes eux aussi se bousculent pour rentrer . Ils se sont amassés derrière la grande porte , et notre circonspection inquiète , n'attend que le fracas des battants qu'on n'ébranle avec de grand bélier . J'harangue mes Siobbans , mon être , je les prépare à ce que cette brèche va déverser . Soudain , tout vole en éclat , ils sont face à moi , sombre , aiguisé de toute part , ornée de pique , de corne et de croc . Et quand je me retourne pour trouver le réconfort de mes gentes , il n'y a pas personne . Je suis seul , devant eux . Je me rue vers eux en hurlant , j'essaye de les chasser , mais ils m'entravent . Ils ne sont qu'une créature tentaculaire qui saisie mes mains et mes jambes , immobilises mon torse , broie mon c½ur , s'enfonce en moi avec rage , atteint mon esprit , et commence à le ronger , lentement , patiemment ...
J'ouvre mes yeux , je suis sale , couvert de terre , ou constellé de feuille morte , perdu , effrayé , triste , écumant de larme , seul . Il pleut avec autant de vigueur qu'au commencement . Je referme les yeux , et les rouvre aussitôt , cherchant une main tendue , un regard compatissant , mais il n'y a rien , si ce n'est la douce mélopée du vent et des arbres . Je rentre .
Sur mon lit , au chaud , serrant mon épée , caressant le cuir de ma veste , je me demande , quand enfin , tout cela s'arrêtera , à quand , retrouverons nous les blancs rivages , les vastes plaines constellés d'arbres en fleurs , notre ancienne maison , notre vie d'avant , notre terre , nos frères et s½urs d'armes , nos parents , notre passé . Quand pourrons nous caresser le pelage doux et touffu de nos amis chats et chattes , qui dormaient avec nous et semblaient tant nous comprendre . Eux qui c'étaient groupés autour de moi quand il a fallut partir , comme si ils comprennaient qu'aujourd'hui l'on s'adressait à un adieu à jamais . Et nos c½urs , battront ils encore à l'unissons de notre monture lancée au galop ? Quand tout nous reviendra ?
Jamais
Les questions se bousculent , se pressent , dévorent les mauvais souvenirs , les repoussent , pour être traitées en premières . Taillent et gagnent leur place . Elles sauvent notre être de la lourdeur de la douleur , et le pousse à réfléchir , à cogiter , à sublimer , à diverser . Les cris des solitaires , des désespérés , des oubliés , resteront ils sans réponse ? Oui . Ou du moins ce ne sera pas à moi d'y répondre . Ce n'est plus à moi . Ça n'a jamais été à moi de le faire . Qu'ils crèvent tous dans leur coin , je périrais dans le mien . Tant pis . Un peu plus d'eau , d'espace et de bouffe pour les autres . Tant mieux . Et les questions invoquent mes réponses .
L'humanité , n'est pas pour moi . Je suis d'un bois différent , plus ingrat ou plus massif , quand sais je , quand cure je ? Cela n'a plus d'importance à présent , on a trouvé dans les voluptés des fumées et dans les arômes des boissons , le sommeil que nous avions perdu , le sommeil quelle devait nous rendre . Mais qui est elle ? Une de ces filles qui détournent la tête comme les milliers avant elle ? Il faut vivre . Vivre avec cette injustice terrible sur le dos , d'avoir tant sacrifié , tant perdu , en si peu d'année d'existence , et de n'y avoir , rien gagné , rien . Ce n'est pas une question d'attendre quelque chose en retour , c'est juste que ma logique n'arrive pas à saisir . A comprendre . Les gens purs qui vouent un culte à la vérité et à la justice , qui terrassent du mieux de leur capacité toutes notions de pulsions , qui s'élèvent contre toutes les tentations et les rechignent , qui se dressent quand tout le monde se tait , qui entassent les ennemis pour le salut de quelques boucs émissaires et qui risquent leur propre salut pour le bien être de quelques ingrats ? Sont ils condamnés à mourir dans leur solitude , après avoir trop enduré en trop peu de temps ?
Alors , il est effectivement vain , de se battre pour ces causes ci , il est juste sage , de se laisser aller , à tout et n'importe quoi , et à fermer les yeux , à être , une ombre , parmi les ombres . Mais , il y aura toujours , en haut de la plus haute tour de Znellia , une petite lueur , que je m'affairerais toujours à entretenir , même si la cité a été déserté , violé , pillé , anéanti , tant que résistera cette tour , elle abritera cette flammèche , et tant que brulera celle ci , si un jour , par chance ou par volonté du destin , l'écho venait à résonner , nous serions la . Et nous ferions de ce simple embryon de feu , une incendie qui éclairera les c½urs de toute la terre .
Ou alors , nous faiblirons dans la honte et la tristesse

# Posté le mercredi 26 août 2009 19:19

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 10:44

You re listening to a Dead man speak - Clann zu

# Posté le mardi 28 juillet 2009 12:23

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 10:44